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Image : Richard-Max Tremblay

CYCLE DE CONFÉRENCES

Ekphrasis : écrire sur l'art

 2018        2017       

Quel est le sens du geste d’écrire sur l’art? Quelles relations cette pratique entretient-elle avec le discours de l’artiste et l’expérience du spectateur? Pourquoi, et pour qui, écrire sur l’art? Lorsqu’on touche l’épineux problème du rapport entre l’art et l’écrit, qui implique et dépasse celui de la relation entre textes et images, une chose semble certaine : l’art semble être paradoxalement animé d’un double pouvoir, celui de nous laisser sans voix, bouche bée, et cet autre de susciter le discours, comme en témoigne non seulement l’histoire de l’art, mais également la critique artistique, la philosophie et la production littéraire. Il s’agira cette année de s’interroger sur cette pratique ancienne, celle de prendre la parole devant un objet qui n’est pas d’emblée discursif, pour comprendre quelles sont ses visées au présent.

Pour plus d’informations : mathilde.bois.1@ulaval.ca / anne-julie.richard.1@ulaval.ca

AUTOMNE 2017

Mercredi 27 septembre

« Écrire sur l’art aujourd’hui: un geste qui a du (ou des) sens ? »

Catherine Morency, éditrice déléguée au MNBAQ

À la question « pourquoi, pour qui écrire sur l’art », nous pourrions aujourd’hui proposer plusieurs réponses. À l’heure où les musées du monde entier varient et élargissent leur mandat en développant, par plusieurs moyens, leur dialogue avec le public, les livres qu’ils produisent continuent d’accompagner la recherche et le travail des artistes et de relancer la réflexion sur cette dernière. Entre catalogues d’exposition, monographies, guides de collection, publications spéciales, nous entrons en contact avec une pléiade de discours critiques, qui tiennent tantôt du registre didactique, pédagogique ou historiographique, tantôt du commentaire, de l’accompagnement ou carrément de l’interprétation, voire de la philosophie. En plongeant au cœur de la production récente du Musée national des beaux-art du Québec, nous réfléchirons ensemble aux enjeux et impacts des discours actuels sur l’art, et sur les rapports qu’entretiennent les auteurs, les artistes et le public à travers eux.

Mardi 10 octobre

« Au creux et autour des œuvres. Écrire sur et avec l’art en train de se faire »

Véronique Leblanc, commissaire indépendante

Quels sont les gestes d’écriture qui accompagnent la pratique du commissariat d’exposition ? Comment s’articule l’interprétation des œuvres dans un contexte d’exposition, mais aussi, comment la fréquentation des pratiques artistiques génère-t-elle des idées qui animent une démarche intellectuelle, professionnelle et humaine ? Cette présentation, suivie d’une discussion, abordera l’intersection et l’interaction entre l’écriture et le commissariat. À travers quelques exemples, il s’agira de toucher à la question de l’engagement, à la fois à l’égard des pratiques artistiques actuelles et face à des enjeux sociaux et politiques liés ou non au domaine des arts.

Mercredi 18 octobre

« Le texte objet: écrire à 4 mains »

Louise Déry, commissaire, et Monique Régimbald-Zeiber, artiste

Dire et montrer. Dire l’engagement, montrer la méthode, le processus, la complicité qui mènent le travail de conception et de préparation du livre objet. Cette communication prendra la forme d’un face à face, un atelier/dialogue in situ. Louise Déry, commissaire, et Monique Régimbald-Zeiber, artiste, présentent les Éditions les petits carnets, la genèse et les nécessités qui ont prévalu à la fondation de cette petite maison, sa philosophie, ses choix, ses productions et ses projets à venir.

Jeudi 23 novembre

Table ronde

« Expérience de l’art, écriture sur l’art : la posture de l’auteur en question »

avec

Katrie Chagnon, docteure en histoire de l’art, conservatrice de recherche à la Galerie Leonard & Bina Ellen;

Maxime Coulombe, professeur au département d’histoire de l’Université Laval ;

Marcel Jean, professeur à l’École d’art de l’Université Laval ;

Sophie Létourneau, professeur au département de littérature de l’Université Laval

Animée par Mathilde Bois

L’écriture sur l’art, considérée comme pratique, implique au moins trois relations à l’œuvre d’art : celle de l’artiste, de l’auteur et du spectateur. Son caractère problématique tient notamment à ce que ces trois postures passent l’une dans l’autre : l’artiste est, surtout depuis le début du 20e siècle, également auteur; quant à l’auteur, avant d’écrire, il fait lui-même l’expérience de l’œuvre.  Si l’artiste peut rendre raison de son travail, depuis quel lieu et à quelle fin l’auteur écrit-il ? L’auteur doit-il prendre pour point de départ son expérience de l’œuvre ou plutôt l’éclairer à partir de données qui lui sont extérieures (historiques, contextuelles, biographiques, iconographiques, etc.), inscrivant ainsi son écriture vers une démarche herméneutique, par laquelle il se distingue essentiellement du spectateur ? 

Ainsi, bien que l’écriture sur l’art, au sein de la discipline dont elle relève – l’histoire de l’art – fasse l’objet de considérations méthodologiques, explicitant les conditions et les fins de l’interprétation des œuvres d’art, nous souhaitons envisager l’écriture sur l’art à un niveau plus fondamental, antérieur à sa prise en charge par un champ d’étude constitué.  

AFFICHE

HIVER 2018

Lundi 5 février, 14 h -15 h 30, local 5242 (DKN)

« Ce difficile et incertain partage »

Richard Baillargeon, artiste et professeur titulaire à l’École des arts visuels de l’Université Laval

Des images et des mots qui se chevauchent, se croisent et s’interpellent. Des régimes d’apparition qui au premier regard semblent s’opposer tant leur nature en tant que signes et systèmes de signes diffèrent. Les assembler dans la mouvance des apparences et des relations pour qu’images et mots deviennent des constructions, des constellations, qui souvent viennent défier le sens, l’affect, la pensée. Le travail des images et des mots, leur élaboration conjointe en tant qu’œuvre visuelle, est un pari pourtant risqué et fragile. J’aimerais dans cette présentation en montrer quelques déploiements de mon cru et émettre là-dessus quelques réflexions accompagnant le faire et l’après du faire.

Lundi 19 février, 14 h -15 h 30, local 5242 (DKN)

« Apprendre à vivre en écrivant sur l’art »

Anne-Marie Ninacs, historienne de l’art, commissaire et professeure à l’École des arts visuels et médiatiques de l’UQAM

La motivation récurrente de mon travail d’historienne de l’art et de commissaire depuis vingt ans est de présenter les œuvres et les démarches artistiques comme des formes visibles qui contiennent des propositions quant à la manière de conduire la vie humaine. C’est cette éthique intimement liée à la production et à la présentation d’une œuvre d’art qui me fait dire qu’on peut « apprendre à vivre » à son contact.

Pour cette conférence, j’aimerais expliquer plus précisément comment, en ce qui me concerne, l’historienne de l’art qui se penche sur une œuvre par son acte d’écriture est la première à se mettre ainsi en état d’apprentissage éthique : elle n’explique pas par écrit à ses lecteurs ce qu’elle sait déjà de l’art ; c’est plutôt en écrivant qu’elle apprend un art de vivre de l’artiste, de l’œuvre et de son propre effort créateur. J’envisage donc une présentation très concrète, prenant appui sur des livres et des méthodes de travail spécifiques, qui fera voir comment s’est constitué au fil des années mon parcours dans l’écriture, pratique fondamentale de la discipline de l’histoire de l’art et pourtant si peu discutée. 

Jeudi 5 avril, 11 h 30 – 13 h, local 5242 (DKN)

« L'œuvre d'art, l’image et l'image de l'image.

Pour une histoire de l'art à plusieurs voix »

Eduardo Ralickas, professeur au département d’histoire de l’art de l’UQAM

Cette communication portera sur le problème de l’image dans le champ de l’histoire de l’art. Le point de départ de ma réflexion consiste à distinguer les termes « œuvre d’art » et « image » dans le but de proposer une théorie de la performativité de l’image dans la production des connaissances sur l’art (ce que j’appellerai « l’image de l’image »). Je me pencherai sur quelques images photographiques qui en ont long à dire sur l’historien de l’art dans l’exercice de ses fonctions. En histoire de l’art, le savoir s’illustre. Quel est le statut de cette illustration (la chose et le verbe) ? Je postule que l’image photographique est dotée d’une agentivité (agency) que l’histoire de l’art n’a pas encore suffisamment approfondie. Dès lors, l’image possèderait une « force » ou une efficacité indépendamment du discours. Je retiens ici une idée très riche du philosophe allemand Johann Gottlieb Fichte : l’image produit un savoir à propos d’elle-même. Le discours, quant à lui, peut s’en rendre compte, comme il peut tout aussi bien l’occulter. Or, en produisant et en suscitant un discours transparent dans ses divers lieux institutionnels (la salle de classe, le colloque scientifique, le livre ou le périodique savant), l’historien de l’art ne cesse de dénier le discours que l’image tient à propos de sa propre teneur épistémologique. Une autre histoire de l’art est-elle possible ?

AFFICHE

SEPTEMBRE 2018

Journée d'étude « Dans les pas de l'oeuvre : du critique d'art comme artiste »